La variation lexicale en français : le cas des réseaux sociaux recourant essentiellement à un lexique anglais

Élodie Martin

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Élodie Martin, « La variation lexicale en français : le cas des réseaux sociaux recourant essentiellement à un lexique anglais », Archipélies [Online], 8 | 2019, Online since 15 December 2019, connection on 23 January 2020. URL : https://www.archipelies.org/599

Le monde dans lequel nous vivons regorge de moyens de communication numérique tels que les réseaux sociaux. Ces outils de communication provenant essentiellement du monde anglo-saxon, les mots servant à nommer les actions qu’ils permettent d’effectuer, les utilisateurs qui les alimentent, ainsi que les diverses options qu’ils offrent sont d’origine anglaise. Grâce, entre autres, à la mondialisation, les réseaux sociaux ont traversé les frontières et sont parvenus à s’implanter dans le quotidien des Français et, par conséquent, à influencer la langue. En effet, en français, nous constatons que le lexique propre aux réseaux sociaux est teinté d’anglais. Cet article vise alors à déterminer dans quelle mesure l’on observe, au quotidien, une variation lexicale du français par l’anglais via les réseaux sociaux, de quelle(s) manière(s) elle se manifeste dans la structure de la langue, et qui en sont les acteurs.

The world we live in is full of means of digital communication such as social networks. These communication tools coming essentially from the Anglo-Saxon world, the words used to name the tasks they enable to do, the users who update them, as well as the different options they offer originate from English. Thanks to globalisation, amongst others, social networks crossed borders and succeeded in taking root in French people’s daily life and, as a result, in influencing the language. Indeed, in French, we note that the lexicon related to social networks is tinged with English words. This article aims to determine to what extent we daily observe a lexical variation of French through social networks and their English vocabulary, how it reveals itself in the structure of language, and who the actors of this variation are.

Introduction

La variation linguistique, souvent pensée dans un cadre monolingue, s’inscrit également dans l’étude du contact de langues. Introduite par Weinreich (1953), la notion de « contact » dans le domaine linguistique « inclut toute situation dans laquelle une présence simultanée de deux langues affecte le comportement langagier d’un individu » (Moreau 1997, 94) et/ou d’une communauté linguistique. Bien que cette notion fasse écho au bilinguisme (individuel et/ou communautaire), nous envisageons plutôt le contact de langues comme le résultat du plurilinguisme mondial et de la mondialisation, à la manière de Calvet (2013). L’exemple contemporain le plus révélateur de ce phénomène est le vocabulaire anglais propre aux réseaux sociaux qui s’implante dans de nombreuses langues telles que le français, mais également le polonais, comme le montre Napieralski (2014) qui emploie l’expression « globalisation de la langue » (2014, 17) pour caractériser le phénomène de propagation du vocabulaire des réseaux sociaux à l’échelle mondiale.

Selon Chaudenson, Mougeon, et Béniak (1993), le contact de langues est l’un des facteurs pouvant expliquer les variations internes d’une langue. Parmi les trois principaux facteurs engendrant la variation linguistique que Ledegen et Léglise (2013, 320-321) identifient, le facteur extralinguistique sera au cœur de cet article. Ledegen et Léglise (2013, 320-321) définissent les facteurs extralinguistiques comme suit :

[…] ce sont les facteurs dits sociolinguistiques (comme la pression normative, le degré d’exposition et de sensibilité à cette norme, une situation de contact linguistique, le statut de la langue, ses modes d’appropriation, des changements technologiques, culturels, économiques, etc.).

Au cours de ces dernières années, l’omniprésence, et, par conséquent, l’implantation des réseaux sociaux dans notre quotidien a engendré une certaine variation linguistique du français. Cette implantation représente alors un facteur extralinguistique relatif aux changements technologiques, selon la définition de Ledegen et Léglise (2013, 320-321). Parmi les divers types de variation linguistique (variation phonologique, variation syntaxique, etc.), nous proposons de centrer notre étude sur la variation lexicale en français. Ainsi, nous axerons notre article sur l’analyse du lexique propre aux réseaux sociaux Facebook, Twitter, Instagram et Snapchat qui conduisent les locuteurs francophones à employer un lexique constitué en majorité d’anglicismes. Selon une étude de Médiamétrie sur l’année 2017, société qui mesure les audiences des médias audiovisuels en France, les quatre réseaux sociaux précités sont les plus utilisés au quotidien par les Français. Ceci explique pourquoi nous les avons sélectionnés. Compte tenu de la popularité de ces réseaux sociaux auprès des Français, le lexique qu’ils renferment l’est tout autant et est devenu courant dans la langue. Il suffit d’écouter parler les locuteurs francophones dans des endroits publics tels que les bars, ou lors d’événements plus intimes tels que des repas entre amis ou en famille, par exemple, ou encore d’allumer la télévision et la radio, mais également de lire la presse française, pour établir la liste des lexies d’origine anglaise propres aux réseaux sociaux. Les occurrences analysées dans la présente étude sont extraites de la presse écrite française en ligne et d’articles divers et variés, datant de 2017 et 2018, que nous avons lus à titre informatif, dans un premier temps. Ils traitent du numérique, de la politique, de faits de société, etc. Ils sont extraits de la version en ligne des journaux et magazines français suivants : Grazia, Les Echos, Le Figaro, Madame Figaro, Le Monde, L’Express, Libération, L’Obs et Le Parisien. Leur lexique teinté d’anglais nous a interpelée au point de nous interroger sur la variation lexicale du français à travers le phénomène sociétal que représentent les réseaux sociaux. Le choix de ce support nous a paru pertinent car il est révélateur de l’implantation de ces anglicismes en français, le rôle de la presse étant, entre autres, de refléter l’actualité langagière afin de la rendre facilement accessible à tous et de la diffuser auprès du plus grand nombre.

Cet article sera constitué de deux parties, chacune abordant un concept clé dans l’étude de la variation lexicale. Dans un premier temps, afin de montrer de quelles manières la variation lexicale du français par l’anglais se manifeste dans la structure même de la langue, nous établirons une classification des emprunts à l’anglais qui renvoient aux réseaux sociaux et qui font partie du lexique français. Ils seront classés selon qu’ils sont des « emprunts obligatoires » ou des « emprunts facultatifs », pour reprendre la terminologie de Haugen (1953), ou encore des « emprunts facultatifs fonctionnant comme des emprunts obligatoires », catégorie que nous avons nommée ainsi pour renvoyer aux emprunts possédant au moins un équivalent dans la langue emprunteuse alors que cette dernière privilégie l’utilisation du mot d’origine anglaise. Puis, afin d’identifier les acteurs de ce phénomène et d’attester de la variation lexicale du français via ces moyens de communication numérique, nous développerons, dans une seconde partie, la notion de « lexicalisation ».

Nous débutons cette étude par les changements lexicaux qui s’opèrent au sein de la langue française, via le lexique empreint d’anglais des réseaux sociaux. L’objectif est de montrer son implantation en français en le classant selon les types d’emprunts.

1. Les emprunts propres aux réseaux sociaux

Au cours des quinze dernières années, les nouveaux moyens de communication numérique tels que les réseaux sociaux ont joué un rôle important en termes d’innovation lexicale en anglais (la langue source) ainsi qu’en français (la langue emprunteuse). Comme précédemment mentionné, ils ont su s’implanter dans le quotidien des locuteurs francophones au point d’influencer la langue. En effet, depuis l’apparition de Facebook en 2004, suivi de Twitter en 2006, d’Instagram en 2010 et de Snapchat en 20111, sur lesquels nous proposons de centrer notre analyse, les locuteurs francophones ont recours à un lexique teinté d’anglais. Ce lexique leur permet de nommer, entre autres, les communautés qui utilisent les réseaux sociaux (par exemple : followers2, haters, « influenceur·euse·s », etc.) et les options à la disposition des utilisateurs (like, snap, « post », etc.). Nous proposons alors de centrer notre analyse sur les substantifs empruntés car, dans le domaine des réseaux sociaux, cette catégorie grammaticale est la plus productive.

Il convient, tout d’abord, de définir brièvement la notion d’« emprunt ». Selon Mounin (1974, 124), l’emprunt se caractérise par « l’intégration à une langue d’un élément d’une langue étrangère ». De la même manière, nous définissons l’emprunt lexical comme l’adoption d’un lemme provenant d’une langue étrangère (langue source) dans la langue emprunteuse (langue cible).

Cette partie vise à mettre en exergue les types d’emprunts relatifs aux réseaux sociaux. Elle sera divisée en trois sous-parties. L’objectif est de montrer que l’implantation de ces anglicismes en français ne peut être contestée et participe de la variation lexicale du français. Ainsi, nous proposons d’évaluer leur fréquence d’utilisation par rapport à la fréquence d’utilisation de leur équivalent (lorsqu’il en existe un), et de distinguer, par conséquent, les « emprunts obligatoires » des « emprunts facultatifs » (Haugen 1953) et des « emprunts facultatifs fonctionnant comme des emprunts obligatoires ».

1.1 Les emprunts obligatoires

Les emprunts obligatoires (Haugen 1953) sont des mots empruntés à une langue étrangère qui n’ont pas d’équivalent dans la langue emprunteuse. Par exemple, nous n’avons pas d’équivalents dits « purement » français pour les verbes « tweeter » et « retweeter ». De la même manière, concernant les substantifs, il n’existe pas d’équivalent français au snap de Snapchat. Un snap représente une photo ou une vidéo à la durée de vie limitée car elles disparaissent une fois vues. L’équivalent français « instantané » pourrait alors être envisageable, bien qu’il ne soit jamais utilisé. Le cas de story fait écho à celui de snap. Les utilisateurs de réseaux sociaux peuvent poster une story sur Snapchat ainsi que sur Instagram. Bien qu’« histoire » pourrait être envisagé comme équivalent français, il n’est jamais employé pour remplacer story. Il n’y a pas non plus d’équivalents français pour « influenceur·euse·s ». Ce mot renvoie aux personnalités influentes sur les réseaux sociaux qui, de par leur forte exposition médiatique, influencent les habitudes des consommateurs ainsi que leurs achats. Les influenceur·euse·s peuvent être, entre autres, des « Snapchatteur·euse·s » et/ou des « Instagrammeur·euse·s ».

Parmi ces exemples, l’on distingue les emprunts calqués tels que snap et story, c’est-à-dire les lexies empruntées sans modification orthographique, des emprunts francisés tels qu’« influenceur·euse·s », « Snapchatteur·euse·s », et « Instagrammeur·euse·s ». Ces derniers proviennent des substantifs anglais influencer, Snapchatter, et Instagrammer dont la terminaison a été modifiée en français pour permettre la distinction de genre masculin/féminin (-eur/-euse). Ces substantifs francisés renvoient aux nouveaux métiers engendrés par les réseaux sociaux. Leurs noms correspondent au réseau social sur lequel l’influenceur s’expose, travaille, etc. Leur francisation, visant à propager leur usage auprès du plus grand nombre de locuteurs francophones, témoigne de leur intégration en français.

Snap et story nécessitent d’utiliser plusieurs mots si l’on souhaite s’exprimer uniquement en français. Prenons pour exemple la phrase suivante : « Il existe deux façons de partager du contenu sur Snapchat : les snaps « classiques » et les stories » (Rigny, Grazia.fr 2018). Cette phrase pourrait être reformulée comme suit en français : « Il existe deux façons de partager du contenu sur Snapchat : les photos ou vidéos instantanées « classiques » et les publications éphémères », « photos ou vidéos instantanées » et « publications éphémères » remplaçant respectivement snaps et stories. L’absence d’équivalents français pour snap et story témoigne de leur implantation dans la langue emprunteuse. Celle-ci n’est pas (encore) parvenue à créer de mots français aussi précis, clairs, et appropriés au domaine des réseaux sociaux que l’anglais.

Outre le fait que ces anglicismes représentent l’unique manière de s’exprimer en français en utilisant le moins de mots possible ou après francisation, leur implantation dans la langue emprunteuse transparaît via la presse écrite française. La presse relaye ce type de vocabulaire, comme en témoignent les phrases d’exemple suivantes : « Les « stories » sont devenues le nouveau format roi du web » (Ferran, Le Figaro.fr 2018) ; « Les dessous du business des influenceuses » (Khider, Madame Le Figaro.fr 2018) ; « A qui profite le business des influenceurs ? » (Dor, Les Echos.fr 2018) ; « Plus le contenu est de qualité, moins les snapchatteurs zappent » (Woitier, Le Figaro.fr 2018) ; « Le journal d’une Instagrammeuse » (Le Monde.fr 2018).

La sous-partie suivante s’attachera à énumérer les emprunts facultatifs que nous recensons parmi les substantifs propres aux réseaux sociaux.

1.2 Les emprunts facultatifs

Les emprunts facultatifs (Haugen 1953) sont des mots empruntés à une langue étrangère pour lesquels un équivalent existe dans la langue emprunteuse. Dans le cas des réseaux sociaux, les substantifs d’origine anglaise follower, « selfie », « hashtag », « tweet » et « post », haters, ainsi que like ont pour équivalents français respectifs « abonné·e », « autoportrait », « mot-dièse »3, « message », « détracteurs », et « j’aime ». En revanche, comme le montrent les extraits d’articles suivants, les équivalents français ne sont pas nécessairement utilisés dans la presse française. Ceci montre l’intégration des lexies anglaises dans la langue emprunteuse : « Comment les russes peuvent acheter des « likes » et des « followers » en supermarché » (Le Monde.fr 2017) ; « Saint-Martin : Macron revient sur le selfie « doigt d’honneur » » (L’Express.fr 2018) ; « Cependant, en voulant réduire les revendications des femmes agressées à un hashtag violent et revanchard, cru et cruel tel que « #Balancetonporc », on extorque la cause des femmes aux cadres juridique et sociétal […] » (Khadra, Libération 2017) ; « Un an après le passage à 280 caractères, les tweets sont plus courts… et plus polis » (L’Obs 2018) ; « Facebook a rendu publics les posts de 14 millions d’utilisateurs » (Vergara, Le Figaro.fr 2018) ; « Cette instagrameuse retouche son corps pour répondre aux haters » (Le Parisien.fr 2018).

Concernant le lexique relatif aux réseaux sociaux, l’anglais est privilégié par rapport au français. Ceci s’explique, selon nous, essentiellement4 par le fait que, d’une façon générale, les substantifs anglais, par opposition à leurs équivalents français, semblent plus précis, plus clairs, mais également plus appropriés au domaine des réseaux sociaux. Ces affirmations renvoient aux questions de perception et d’attitudes (socio)linguistiques face aux emprunts à l’anglais. Elles nous poussent également à nous interroger sur les nombreuses institutions (l’Académie française), organisations (l’Organisation internationale de la francophonie), célébrations (la Semaine de la langue française et de la francophonie), lois (la Loi Bas-Lauriol et la Loi Toubon), etc. destinées, entre autres, à lutter contre l’entrée des anglicismes en français. Les moyens mis en œuvre pour imposer, promouvoir, et défendre le français ne semblent pas faire le poids face aux nouvelles technologies et à leurs diverses fonctionnalités et subtilités qui participent de l’anglicisation du français. Par exemple, le substantif anglais follower, dont l’équivalent français est « abonné·e », fait référence à un·e utilisateur·rice beaucoup plus actif·ive que l’« abonné·e » perçu·e davantage comme une audience (réceptrice) que comme une communauté (actrice). Être un follower signifie effectuer un certain nombre d’actions numériques telles que liker5, commenter, envoyer des smileys, partager les contenus, etc. En d’autres termes, contrairement à son équivalent français qui semble suggérer une certaine passivité, ce substantif anglais implique une participation beaucoup plus active des utilisateurs de réseaux sociaux. Les utilisateur·rice·s sont des followers, ils·elles font vivre les réseaux sociaux, les alimentent, relayent les informations, etc., et ne sont pas de « simples » abonné·e·s. Concernant « selfie », son équivalent français « autoportrait » renvoie au portrait d’une personne peint ou dessiné par elle-même, mais pas nécessairement à une photographie. Le terme « autoportrait photographique » serait alors un peu plus approprié, mais probablement trop long pour être aussi bien intégré au français que « selfie ». Le « mot-dièse » n’est pas parvenu à évincer le « hashtag ». Nous l’avons effectivement constaté suite aux récentes polémiques ayant engendré les #BalanceTonPorc et #MeToo. Dans les médias français, #BalanceTonPorc et #MeToo n’ont, à aucun moment, été remplacés par les « mot-dièse BalanceTonPorc » ou « mot-dièse MeToo ». Nous traitons les cas de « tweet » et « post » simultanément car ces substantifs sont souvent maladroitement remplacés par l’hyperonyme « message » qui peut prendre différentes formes : message privé, statut posté, etc. Alors que les « détracteurs » peuvent être ou non des professionnels (critiques littéraires, cinématographiques, etc.) émettant un avis négatif sur quelque sujet que ce soit, les haters sont, quant à eux, des utilisateurs de réseaux sociaux qui se cachent derrière des pseudonymes afin d’insulter gratuitement et anonymement les autres utilisateurs connus ou non. Enfin, en ce qui concerne le cas du substantif like6, dont l’équivalent français est le « j’aime », il convient de préciser que, sur les réseaux sociaux, certaines notions telles que l’appréciation et l’amitié ont une tout autre signification. En effet, liker un statut ou une photo n’a pas la même signification qu’aimer. De la même manière, les « amis » de Facebook (friends7) renvoient à des personnes, que l’on n’a, pour certaines, jamais rencontrées mais dont on suit l’actualité numérique. Ainsi, dans certains cas, préfère-t-on les équivalents anglais afin qu’il n’y ait pas de méprise sur le sens d’une action numérique, d’une relation virtuelle, etc. En français, le recours à l’anglais semble alors avoir une fonction euphémique, dans certains cas tels que like et friends, par exemple, car il atténue la signification que le mot français peut avoir.

Pour résumer, en français, l’utilisation de ces emprunts facultatifs semble plus fréquente que celle de leurs équivalents français qui paraissent sémantiquement inadaptés aux réseaux sociaux. Ce phénomène fait alors émerger une nouvelle catégorie d’emprunts que nous nommons « emprunts facultatifs fonctionnant comme des emprunts obligatoires » et que nous proposons de développer dans la section suivante.

1.3 Les emprunts facultatifs fonctionnant comme des emprunts obligatoires

Selon nous, les emprunts facultatifs précités sont plus fréquemment utilisés par les locuteurs francophones que leurs équivalents français. La sous-partie précédente avait pour but d’expliquer ce phénomène. Cette sous-partie a pour objectif de confirmer cette tendance en chiffres.

Les locuteurs francophones utilisent quotidiennement des emprunts facultatifs fonctionnant comme des emprunts obligatoires. Ils privilégient, par exemple, l’utilisation de « baby-sitting » plutôt que « garde d’enfants », « blind test » plutôt que « test à l’aveugle », « sex toy » plutôt que « jouet sexuel », ou encore « jingle » plutôt que « sonal ». Peu importe les raisons pour lesquelles l’utilisation de ces anglicismes est privilégiée par rapport à celle de leurs équivalents français, ces emprunts à l’anglais font partie du lexique français depuis des décennies. Leur implantation dans la langue n’est plus à prouver. Bien que les termes relatifs aux réseaux sociaux soient plus récents, le fonctionnement de la langue reste le même. Ainsi, comme précédemment montré, les substantifs d’origine anglaise follower, « selfie », « hashtag », « tweet », « post », haters et like ont mieux réussi leur intégration dans la langue française que leurs équivalents respectifs lorsqu’ils renvoient au domaine des réseaux sociaux.

Une recherche sur Google, sur des sites exclusivement français8, permet de comparer la fréquence d’utilisation des anglicismes relatifs aux réseaux sociaux par rapport à celle des équivalents français. Ainsi, follower donne 79 400 000 résultats alors que son équivalent français « abonné·e » n’en génère que 69 000 000. « Selfie » donne 62 000 000 de résultats contre 6 300 000 pour « autoportrait ». « Hashtag » génère 14 600 000 résultats tandis que « mot-dièse » en génère seulement 174 000. « Tweet » et « post » génèrent respectivement 292 000 000 et 818 000 000 de résultats contre 765 000 000 pour « message ». Ceci montre que « message » est plus utilisé que « tweet », mais moins que « post ». Haters donne 5 540 000 résultats tandis que « détracteurs » n’en génère que 3 990 000. Enfin, le like génère 900 000 000 de résultats contre seulement 324 000 000 pour le « j’aime ».

Ainsi, concernant le lexique des réseaux sociaux, la fréquence d’emploi de certains substantifs anglais plutôt que leurs équivalents français montre l’implantation de ces emprunts en français et témoigne, par conséquent, de la variation lexicale du français par l’anglais.

Nous proposons de poursuivre notre analyse en développant la notion de « lexicalisation », un concept clé dans l’étude de la variation lexicale.

2. La lexicalisation

Cette seconde partie se compose de deux sous-parties. Premièrement, nous proposons de définir la notion de « lexicalisation ». Deuxièmement, nous proposons de détailler le rôle des locuteurs ainsi que celui des dictionnaires dans le processus de lexicalisation afin de déterminer lequel prédomine. L’objectif de cette partie est de confirmer l’hypothèse selon laquelle le lexique empreint d’anglais des réseaux sociaux participe considérablement de la variation lexicale du français, et de montrer que les locuteurs sont les principaux acteurs de ce phénomène.

2.1 Définitions

La lexicalisation est le témoin incontestable de la variation lexicale d’une langue. En effet, la lexicalisation d’un mot implique nécessairement que ce terme soit unique dans la langue cible, qu’il soit, par exemple, un néologisme crée par cette langue ou qu’il provienne d’une langue étrangère. Divers procédés tels que la création lexicale ou, entre autres, l’emprunt lexical de néologismes, mènent alors à la lexicalisation. Afin qu’un mot soit dit lexicalisé, il est fondamental que son entrée dans une langue soit synonyme de nouveauté. Ainsi, en linguistique, un nouveau mot est lexicalisé lorsqu’il est, selon notre propre définition, progressivement employé par une majorité de locuteurs, et qu’il est reconnu et adopté comme un lemme unique, indépendant, et autonome, ayant une signification propre et appartenant à la langue des locuteurs. Par exemple, les substantifs assez « récents »9 tels que « YouTubeur·euse » ou « gameur·euse » sont désormais lexicalisés en français10. Leur emploi est suffisamment répandu parmi les locuteurs francophones, notamment grâce au média social YouTube (concernant « YouTubeur·euse ») et à l’essor d’une discipline appelée « e-sport » (dans le cas de « gameur·euse »), pour que l’on puisse considérer ces mots comme des emprunts à l’anglais11 lexicalisés en français. Afin de confirmer cela, considérons la définition de la notion de « lexicalisation » que donne Le Trésor de la Langue Française informatisé (TLFi). Selon le TLFi, la lexicalisation est le « processus par lequel une suite de morphèmes ou un syntagme devient une unité lexicale autonome ». Les mots « YouTubeur·euse » et « gameur·euse » sont alors devenus des unités lexicales autonomes en français, renvoyant respectivement aux personnes pratiquant une activité rémunérée sur YouTube et à celles pratiquant un e-sport.

La notion de « lexicalisation » fait cependant émerger une problématique : la lexicalisation d’une lexie est-elle rendue possible par les locuteurs, les dictionnaires, ou les deux ? Dans la sous-partie suivante, il s’agira de déterminer quel rôle est déterminant dans le processus de lexicalisation.

2.2 Le rôle des locuteurs et celui des dictionnaires

Il n’est pas aisé d’établir explicitement quel rôle est prépondérant dans le processus de lexicalisation : celui des locuteurs ou celui des dictionnaires ? Les mots entrent-ils dans les dictionnaires parce qu’ils sont de plus en plus employés par les locuteurs et donc adoptés, ou leur entrée dans les dictionnaires favorise-t-elle leur emploi dans la langue et leur propagation auprès des locuteurs ?

Nous considérons que les deux définitions de lexicalisation précédemment énoncées décrivent un processus de lexicalisation opéré par les locuteurs. Néanmoins, certains auteurs considèrent que les dictionnaires rendent la lexicalisation effective. Cela est, par exemple, le cas de Lipka (1992, 1) qui définit les lexies lexicalisées comme « des mots inscrits par les lexicographes dans les dictionnaires ou, du moins, dont une trace écrite est publiée quelque part »12. Ainsi, selon Lipka et les autres spécialistes pour lesquels le dictionnaire joue un rôle déterminant dans le processus de lexicalisation, un mot est dit lexicalisé une fois qu’il fait son entrée dans les dictionnaires.

Grâce à des occurrences relatives aux réseaux sociaux, nous avons montré, via des extraits de la presse écrite française, que ce sont principalement les locuteurs qui font évoluer la langue. En effet, le phénomène de lexicalisation est, avant tout, rendu possible par les locuteurs qui propagent l’utilisation des nouvelles lexies. Ensuite, ces lexies entrent ou non dans les dictionnaires, cette entrée n’étant qu’une potentielle étape supérieure. Nous mentionnons volontairement l’entrée dans les dictionnaires comme une éventualité et non comme une obligation. Prenons l’exemple du substantif anglais haters, ayant pour équivalent français « détracteurs ». Nous remarquons que, bien qu’il ne figure, pour le moment, dans aucun dictionnaire français, son implantation dans la langue française est incontestable compte tenu des résultats internet obtenus et précédemment exposés (5 540 000 pour haters contre 3 990 000 pour « détracteurs »). Pour résumer, l’implantation dans la langue n’est pas nécessairement synonyme d’entrée dans le(s) dictionnaire(s).

De plus, il semble important de mentionner un point supplémentaire concernant le rôle prépondérant des locuteurs par rapport à celui des dictionnaires dans le processus de lexicalisation : un mot peut faire son entrée dans un dictionnaire et pas dans un autre, bien que son emploi soit répandu parmi les locuteurs, voire courant dans la langue. La lexicalisation d’un mot ne peut alors être uniquement actée par l’entrée dans les dictionnaires car certains mots sont recensés dans un dictionnaire et pas dans un autre, à l’instar du verbe « retweeter ». Il apparaît dans Le Robert (édition 2018), mais pas (encore) dans Le Larousse. De la même manière, le substantif « bomber »13 et le verbe « liker » apparaissent tous deux dans l’édition 2018 du Robert, mais ne figurent pas encore dans Le Larousse. À l’inverse, le substantif « selfie » est entré dans Le Larousse mais ne figure pas (encore) dans Le Robert. Le cas de « tweet » figurant à la fois dans Le Petit Robert et Le Petit Larousse semble alors assez rare. Chaque dictionnaire suit une ligne éditoriale qui lui est propre. Ainsi l’équipe de lexicographes qui recense les mots décidera, selon les critères de la ligne éditoriale, si un mot peut entrer ou non dans son dictionnaire. Ces critères prennent en compte l’implantation d’un mot dans le lexique de la langue (si tant est que cela puisse être mesuré), sa potentielle longévité, etc.

Ainsi, grâce aux deux raisons qui viennent d’être développées et aux exemples extraits de la presse écrite française en première partie, nous avons tendance à percevoir les locuteurs comme les acteurs principaux du processus de lexicalisation. Leur rôle paraît prépondérant face à celui des dictionnaires qui, selon nous, ne peuvent être considérés comme l’outil déterminant à coup sûr que l’on est en présence, ou non, d’un emprunt. Nous maintenons donc que l’implantation dans la langue et l’entrée dans le dictionnaire ne vont pas nécessairement de pair.

Enfin, nous souhaitons mettre en lumière la présence d’une forme d’antagonisme entre les locuteurs et les entités académiques. Cette opposition transparaît dans le fait que la lexicalisation des lexies renvoyant au domaine des réseaux sociaux, ainsi que celles renvoyant à d’autres domaines, se fasse contre les dictionnaires lorsque, comme expliqué précédemment, un mot devient courant dans la langue sans pour autant faire son entrée dans les dictionnaires. Concernant le processus de lexicalisation, la suprématie des locuteurs sur les entités académiques est patente.

Conclusion

Pour résumer, les éléments témoignant de l’ancrage en français des lexies anglaises analysées dans cet article sont les suivants : l’utilisation récurrente de ces mots dans la langue emprunteuse, la francisation de leur orthographe d’origine, le fait que des équivalents purement français n’existent pas ou soient rarement employés, et leur apparition fréquente dans les médias français. Ces éléments témoignent également de la variation lexicale du français par l’utilisation de substantifs et verbes anglais relatifs aux réseaux sociaux, des outils technologiques faisant partie du quotidien de nombreux locuteurs.

Il serait pertinent d’analyser le lexique propre aux réseaux sociaux dans d’autres langues que le français. Si le « hashtag » et le « selfie » semblent universels car ils sont utilisés en allemand, espagnol, italien, polonais, portugais, suédois, turc, etc., l’italien n’emploie, par exemple, pas l’anglicisme like mais le verbe piacere. En revanche, à l’instar des locuteurs francophones, les hispanophones utilisent le substantif like. Il serait intéressant de conduire cette étude sur diverses langues telles que celles que nous venons d’énumérer, afin de déterminer si, dans le domaine des réseaux sociaux, l’emprunt à l’anglais est commun à de nombreuses langues du monde ou si le français est l’une des rares langues qui emprunte autant d’anglicismes. Quelle que soit la tendance, il serait nécessaire d’en analyser les raisons.

1 La date de création figure dans la rubrique « à propos » de chacun de ces réseaux sociaux.

2 Dans cet article, l’italique sera utilisé pour les termes anglais ne figurant pas (encore) dans les dictionnaires français.

3 Il convient de préciser que l’équivalent français « mot-dièse » peut être employé en remplacement du substantif anglais « hashtag ». En revanche, en

4 Nous n’excluons pas les notions de « mode », de « tendance », ou encore d’« économie du langage » (Martinet 1955), etc., également liées à la

5 Action d’aimer une photo ou une publication sur les réseaux sociaux.

6 Nous souhaitons préciser que l’emploi de like comme substantif est également un phénomène nouveau en anglais, dans le cadre des réseaux sociaux. Il

7 Il est nécessaire de mentionner que friends ne semble pas non plus être le mot juste en anglais pour renvoyer aux « amis » des réseaux sociaux.

8 Cette recherche implique d’effacer, au préalable, l’historique de navigation et de sélectionner uniquement la langue française dans les préférences

9 L’utilisation des guillemets nous permet d’indiquer, dans ce cas précis, que nous envisageons la notion de nouveauté, que nous ne développerons pas

10 Le Robert illustré 2018.

11 Ces mots tirent leur origine des substantifs anglais YouTuber et gamer.

12 Citation traduite de l’anglais : «[…] words […] registered by lexicographers in dictionaries or at least […] recorded somewhere in print ».

13 Un type de blouson.

Ben-Rafael, Miriam, « Chapter 3, French: Tradition versus Innovation as Reflected in English Borrowings », Globally Speaking: Motives for Adopting English Vocabulary in Other Languages, (J. Rosenhouse & R. Kowner), Bristol, Multilingual Matters, 2008, pp. 44-67.

Calvet, Louis-Jean, La sociolinguistique (1993), Paris, Presses Universitaires de France, 8ème édition, 2013.

Chaudenson, Robert, Mougeon, Raymond & Béniak, Édouard, Vers une approche panlectale de la variation du français, Paris, Didier Erudition, 1993.

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Le Petit Larousse, Paris, Editions Larousse, 2018.

Le Petit Robert, Paris, Le Robert, 2018.

Le Robert, Paris, Le Robert, 2018.

Le Robert illustré, Paris, Le Robert, 2018.

Le Trésor de la Langue Française informatisé (TLFi), <http://atilf.atilf.fr>.

1 La date de création figure dans la rubrique « à propos » de chacun de ces réseaux sociaux.

2 Dans cet article, l’italique sera utilisé pour les termes anglais ne figurant pas (encore) dans les dictionnaires français.

3 Il convient de préciser que l’équivalent français « mot-dièse » peut être employé en remplacement du substantif anglais « hashtag ». En revanche, en français, le signe # est spontanément prononcé « hashtag ».

4 Nous n’excluons pas les notions de « mode », de « tendance », ou encore d’« économie du langage » (Martinet 1955), etc., également liées à la prédominance de l’anglais sur le français.

5 Action d’aimer une photo ou une publication sur les réseaux sociaux.

6 Nous souhaitons préciser que l’emploi de like comme substantif est également un phénomène nouveau en anglais, dans le cadre des réseaux sociaux. Il est le résultat du processus morphosyntaxique de multifonctionnalité.

7 Il est nécessaire de mentionner que friends ne semble pas non plus être le mot juste en anglais pour renvoyer aux « amis » des réseaux sociaux. Acquaintances serait alors plus adapté mais étant multisyllabique et d’une morphologie dérivationnelle plus complexe et recherchée, l’emploi de friends est préféré.

8 Cette recherche implique d’effacer, au préalable, l’historique de navigation et de sélectionner uniquement la langue française dans les préférences de navigation.

9 L’utilisation des guillemets nous permet d’indiquer, dans ce cas précis, que nous envisageons la notion de nouveauté, que nous ne développerons pas davantage dans cet article, avec prudence car, concernant le concept de néologie, les définitions, perceptions, et avis divergent considérablement parmi les spécialistes.

10 Le Robert illustré 2018.

11 Ces mots tirent leur origine des substantifs anglais YouTuber et gamer.

12 Citation traduite de l’anglais : « […] words […] registered by lexicographers in dictionaries or at least […] recorded somewhere in print ».

13 Un type de blouson.

Élodie Martin

Université des Antilles, elodie.martin@icloud.com

licence CC BY-NC 4.0