Panser les blessures du temps : Senghor et les valeurs de la poésie

Alioune-B. Diané

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Alioune-B. Diané, « Panser les blessures du temps : Senghor et les valeurs de la poésie  », Archipélies [Online], 2 | 2011, Online since 15 December 2011, connection on 17 April 2024. URL : https://www.archipelies.org/1828

Léopold Sédar Senghor, comme tous les poètes de la Négritude, attribuait à ses mots le pouvoir de démasquer le réel. De panser également les blessures du temps (colonisation, esclavage, etc.) et d’apprendre à vivre avec le présent. Alioune–B. Diané montre ici comment l’auteur d’Éthiopiques voyait en sa poésie une manière d’éthique de la noblesse humaine. Autant dire une pratique existentielle, une ontologie. Héritier de Mallarmé et de Claudel, fils des griots du pays sérère et de l’Afrique profonde, Senghor conçoit le Dire poétique comme une victoire à la fois douloureuse et éclatante sur les forces du Mal.

Leopold Sedar Senghor, like all poets from the Negritude, granted his words the power to unmask the real, to heal the wounds of time (colonization, slavery, etc.), and to learn how to live with the present. In his study, Alioune B. Diané shows how the author of Ethiopiques considered his poetry as somehow an ethic of human nobility, in other words, as an existential practice and ontology. Taking after Mallarmé and Claudel, the son of griots from the Serere country, the heartland of Africa, Senghor viewed poetic enunciation as a painful yet vibrant victory over the forces of Evil.

Dans les Chants pour Signare, le spectacle du passage de la Sopé devient une vision qui s’impose au poète. L’instant devient un fragment d’éternité dont la poésie est chargée de rendre compte : « Et les abeilles d’or sur ta joue d’ombre bourdonnent comme des étoiles »2… Dans ce vers qui nous servira de prétexte pour décliner les valeurs de la poésie senghorienne, l’écrivain entonne comme un psaume de l’émerveillement devant la splendeur des atours féminins. Bien sûr, il s’agit plus que de simples boucles d’oreilles… La parole qui est prononcée ici tranche sur l’inauthenticité de la parole ordinaire. Avec une grande liberté d’allure et une étonnante fraîcheur, elle essaie de mettre dans les mots la lumière des choses. Elle instaure un ordre sacral des signes et cherche à faire jaillir l’étincelle poétique. Pour songer à mettre en relation le mouvement des boucles d’oreille en or avec le bourdonnement d’un essaim d’abeilles dans une ruche en travail et l’éclat des étoiles, l’homme est devenu un poète, c’est-à-dire un être capable de « démasquer le réel » (Leclair, 1971) et de comprendre le système des signes. Transmuée, la réalité devient une vision, une vaste contemplation poétique. Pour la première fois, le poète inspiré voit réellement les êtres et les choses dont il parle. Par son regard, les choses deviennent des indices puis des signes, car le monde parle3. C’est « l’éternel matin » claudélien (Claudel, 1957 : 80), la jubilation devant un monde neuf où chaque fleur qui jaillit est un véritable cri d’amour céleste, et où chaque aube, chaque crépuscule exprime une flamme de poésie en même temps que la signature d’un Dieu épris d’amour pour une Beauté qui sauvera le Monde. Et le langage chante la réalité avec des mots de tous les jours réévalués, élevés à une puissance supérieure, cristallisés à la flamme d’une inspiration plus haute et portés par une ferveur d’une très grande intensité : « Nous avons le téléphone de l’aorte : notre code est indéchiffrable » (Senghor, 1973 : 242).

Poésie : parole essentielle (Maxime, 1983 : 7-23)4 située entre l’inquiétude et l’enchantement,
et formulée dans un langage défiant parfois le commentaire et essayant
de dire, malgré tout, que l’homme doit rester vierge devant l’espérance. Poésie : parole fondamentale en ce qu’elle vient des profondeurs, des fondements plus exactement. Poésie : le chemin le plus court de l’être à l’être (Van Vlasselaer, 1995 : 18 et 87).

Le poète écrit au plus près du vrai, du sensible et du sincère ; il écrit comme on s’honore de vivre. Il porte écrire comme on porte plume sur azur ou sable, en abîme peut-être, et de toute façon à bout de bras. Écrire pour mieux vivre… En essayant de restaurer l’espoir qui est le plus beau mot du langage humain après l’amour, la parole poétique apparaît à la fois comme une façon de panser les blessures du temps (colonisation, esclavage, effort de guerre…), une réponse aux événements et à l’Histoire et, surtout, un art de vivre par temps de catastrophe. Elle remet tout à sa place quand la vie se charge de tout déplacer et de tout faire passer. De bouche à oreille, les yeux dans les yeux, d’âme à âme, le poète parle le langage de la vie parce que, pour lui, la poésie est objet de vie et Vivre se confond avec Dire. L’idée est bien connue, elle a été exprimée, par exemple, par Hölderin et reprise par Heidegger : habitant poétiquement la terre, l’écrivain est accroché au langage, comme à une dernière possibilité d’exister.

La poésie peut être l’œuvre d’un « Je » en dette de lui-même, mais, lorsque le silence ménage aux mots leur place et leur permet de se dilater, le discours que nous entendons déborde toute singularité ; il devient universel, ainsi que l’ont indiqué Victor Hugo (1990 : 48), ou Baudelaire (1980 : 12). Évidemment, il est impossible d’écrire sa vie en bleu candide si, ici ou ailleurs, la souffrance persiste. Dire « Je » ce sera d’abord dire cela, dût-on avoir envie de se taire après. C’est pourquoi la voix des poètes est à la fois portée et étouffée par la souffrance et l’espoir.

Bachelard avait coutume de s’interroger sur la façon dont on peut être poète « malgré la vie »… Lorsqu’un poète a su le demeurer, il l’est pour proclamer le bonheur et l’honneur d’être homme, car sa parole est, avant tout, affirmation d’une éthique de la noblesse humaine. Dans la forme résistante du poème, Senghor réussit à imprimer une expérience à travers un langage où chantent ses angoisses et espérances en des mots qui disent la présence d’une âme cherchant à recueillir la grande pulsation de l’univers. Plus qu’un simple jeu de mots, la poésie, par l’élan, le rythme et la cadence qui l’animent, est une pratique existentielle, une ontologie. Inscrite dans un espace qui transcende les distinctions raciales et confessionnelles, elle porte le poids des attentes et des espoirs de l’homme. Cette dimension est, par exemple, fortement affirmée dans les dernières lignes de la postface aux Éthiopiques (« La poésie ne doit pas périr. Car alors, où serait l’espoir du Monde ? » [Senghor, 1990 : 168]) et dans la Lettre à trois poètes de l’Hexagone où Senghor parle pour lui-même et pour les autres écrivains avec lesquels il dialogue :

« Il y a, pour commencer, le fait que, pour chacun de nous, la poésie est, dans notre vie, non pas le métier, mais l’activité majeure : la vie de notre vie, sans quoi celle-ci ne serait pas vie. (…) Pour moi, l’on m’a quelquefois posé la question : “S’il fallait choisir, que voudriez-vous sauver de votre triple vie d’homme politique, de professeur et de poète ?” J’ai toujours répondu : “Mes poèmes. C’est, là, l’essentiel” » (Senghor, 2006 : 377-378).

Allant droit à l’Essentiel, la parole poétique explore la vie dans les replis internes de ses profondeurs opaques et révèle la sémantique du monde (Hofmannsthal, 1992)5. Le poète profère une parole sans laquelle toute minute semblerait arrachée au destin et aux forces obscures qui se jouent de l’homme. Exception qui ne confirme aucune règle, il peut tout confondre au sens étymologique de « fondre avec » afin de prononcer une parole naïve, proche des origines. Langage total et parole intégrale, la poésie est une victoire à la fois douloureuse et éclatante sur les forces du Mal ; elle est un langage situé à hauteur d’homme, comme l’ont voulu Saint-John Perse (« Je parle dans l’estime » [1972 : 25]), ou Claudel (« Je restitue une parole intelligible » [1967 : 28]).

Sous sa forme quintessenciée et divinisée, la parole de Senghor fonde un nouvel ordre littéraire que le poème « Toujours “Miroirs” » donne à admirer :

« Je suis dense la danse du bâtonnet mâle, qui provoque l’étincelle : La ténèbre si bleue de la forêt, où sont nées les images archétypes. (…) Dites-moi qui a volé le secret de la Parole ; au tréfonds des cavernes, la vérité des formes ?
Forgé l’ordonnance des rites et la matrice des techniques ?
Car des mots inouïs j’ai fait germer ainsi que des céréales nouvelles, et des timbres jamais subodorés
Une nouvelle manière de danser les formes, de rythmer les rythmes » (Senghor, 1973 : 253)6.

Ces mots-là sont au cœur d’un art poétique, ils expriment les moyens et les fins de la poésie, ils fondent une parole marquée par une radicale originalité que le poète, nouveau Prométhée, annonce. La poésie, à ce niveau de sa production, devient autoréflexive, autoréférentielle. Se superposant à son espace du dedans, elle se met en scène, parle d’elle-même, de son mode de fonctionnement et de ses conditions de possibilité.

Parler, c’est « faire fleurir le Verbe » (Senghor, 1961 : 207) et utiliser un langage qui serait par lui-même création, un langage capable d’entamer l’Inexprimable. L’activité poétique est pensée comme un geste qui donne la vie. Puisque le poète est traversé par le désir de produire une parole créatrice, Senghor, comme d’ailleurs Césaire7, assimile la création poétique à un accouchement8.

La puissance extraordinaire affectée à la parole est le résultat d’une opération sur des mots destinés à prendre en charge le monde et les hommes qui l’habitent. Mais, malgré l’insistance sur le statut du verbe, la parole poétique ne devient pas sa propre fascination. Elle est classée dans une perspective négro-africaine qui fait de la poésie une activité à la fois marquée par la beauté et l’utilité. Senghor donne ainsi un fondement éthique à sa pratique littéraire. Il s’agira donc d’une poésie conçue comme une ontologie et d’une vaste et (in) définie entreprise qui constitue une quête de la manifestation de l’être par la parole. Et, au-delà de la conception du rôle de l’intellectuel africain qu’il partage avec Césaire, Damas, et la quasi-totalité des écrivains de la Négritude, Senghor, dans des mots d’allure et d’esprit très claudéliens, trace les contours d’une esthétique qui formule, pour tout poète, une exigence à promouvoir : « Dis seulement les paroles propices »9. C’est simplement dans la mesure où cette exigence est respectée que nous pourrons admirer avec le poète l’avènement de « l’aube transparente d’un jour nouveau » (Senghor, 1956 : 62).

Dans le rituel poétique senghorien, la « voix juste » (Ibid : 113) du dyâli ne prononce que des « discours exacts » (Ibid : 107) qui ont une dimension esthétique, éthique et épistémologique. Ainsi mise en relation avec les trois dimensions philosophiques (le Beau, le Bien, le Vrai), la parole poétique devient un événement. Avènement, dirait plutôt Claudel, car la poésie advient et ne cesse de devenir. C’est pourquoi Senghor la présente comme un dévoilement qui restaure la pureté du Paradis Premier : « Ce fut un grand déchirement des apparences, et les hommes restitués à leur noblesse, les choses à leur vérité » (Ibid : 109). La parole poétique, qui est celle d’un inspiré voyant littéralement Dieu et les Anges, apporte ainsi la vraie vie qui donne sens et consistance à toute chose. C’est un langage intégral qui charrie « le torrent séminal » (Ibid :15).

La poésie est d’abord une opération verbale se réalisant avec des mots et non avec des idées, fussent-elles les plus nobles. La poésie joue avec les mots, elle n’a pas pour vocation de donner des mots d’ordre. Elle fait de l’écrivain un architecte dont la matière première est le langage. Pouvant être en rapport avec les domaines les plus divers, il lui arrive aussi de parler d’elle-même, de questionner le lieu de ses origines afin de fonder sa valeur de vérité.

L’espace poétique est donc un atelier d’écriture où s’opère une expérimentation des pouvoirs du verbe. In principio erat Verbum10... Cette expérimentation, qui a pour finalité de « donner un sens plus pur aux mots de la tribu » (Mallarmé, 1977 : 78), s’effectue dans un vaste laboratoire où la parole ordinaire est repensée et où le langage est porté à ce point d’alerte et de fascination où s’amorce l’étincelle de l’exceptionnel. :

« Seigneur, vous m’avez fait Maître-de-langue (…)
Vous m’avez accordé puissance de parole en votre justice inégale
Seigneur, entendez bien ma voix. PLEUVE ! il pleut
Et vous avez ouvert de votre bras de foudre les cataractes du pardon » (Senghor, 1961 : 208).

Il s’agit de (re)donner aux mots corrompus par l’usage leur pouvoir de nomination. Ainsi, le poète, porteur de paroles, réalise une alchimie de l’oratoire et prononce des mots qui sont, littéralement, des enfants de l’amour : « Mon empire est celui d’Amour », « je dresserai une garde d’amour », « Mon amour est miracle. (…) l’Amour est ma merveille »11.

En indiquant l’élan originel des êtres et des choses, la littérature se superpose à la vie, dans la profondeur de son être. « Dans l’ivresse lucide du délire » (Senghor, 1979, 311), le poète dit l’Être et le Monde. Diseur d’entêtement et d’exigence, il produit un discours qui peut être désarmé devant la vie (la faim, la misère, la souffrance, la mort…), mais qui exprime, de manière obstinée, ce par quoi l’homme refuse de mourir et enseigne l’amour, l’espoir, la fidélité dans l’épreuve… Le poète essaie de rendre la vie visible ce qui est déjà, selon Francis Danmark, un pas dans l’art de la rendre vivable (2005 : 24).

Le poète est investi d’un pouvoir en vertu duquel la manifestation verbale est aussi un acte de création dans lequel les choses et les êtres naissent à l’appel de leur nom : « Je nommerai les choses futiles qui fleuriront de ma nomination » (Senghor, 1956 : 114). Désormais, dire c’est à la fois Savoir, Avoir et Pouvoir, c’est posséder le secret de la formule magique qui permet d’exprimer l’Ineffable parce que le poème total est, avant tout, écrit magnifiquement Senghor, « la rumination du mot essentiel » (Ibid : 109). Le langage de la poésie peut paraître parfois obscur, mais c’est, toujours, celui de la vie prenant conscience d’elle-même. Car un chercheur qui lit Senghor c’est, métaphoriquement, un archéologue qui agit sur ses propres instructions. Et – cela les archéologues le savent bien – les choses enfouies perdent leur éclat une fois ramenées à la surface. La littérature, nous l’avons déjà dit, joue avec les mots. Mais, quand elle évoque la vie, elle se permet de jouer à un jeu qui n’est pas le contraire du travail parce qu’il est, par nature, production : la poésie. Ici, comme ailleurs, le jeu permet de se débarrasser de l’accessoire pour ne conserver que l’Essentiel. C’est un jeu sans lequel le réel ne serait ni concevable ni pensable. Car, justement, il permet de faire provision d’espoir. Pour l’éternité.

Alors (pour terminer par là où nous avions commencé), quand nous parviendront les résonances heurtées de l’appel lancé par « les tambours de la mémoire », nous pourrons (re)dire après Senghor, grâce à lui, avec lui, ces mots qui ont étendu le temps de leur vibration jusqu’à nous et qui nous convient à être en Poésie : « Et les abeilles d’or sur ta joue d’ombre bourdonnent comme des étoiles » (Senghor, 1961 : 173).

2 « Mais ces routes de l’insomnie », Chants pour Signare, Nocturnes, p. 173.

3 Baudrillard (1968 : 23) : « Les objets n’épuisent pas leur sens dans leur matérialité et leur fonction pratique (…) ; les objets tendent à se

4 Voir aussi R. Daumal, Le Contre-Ciel (Cahiers Jacques Doucet, Édition de l’Université de Paris, 1936) suivi de Les Dernières paroles du poète

5 Voir surtout « L’Entretien sur des poèmes », pp. 62-63, et « Le Poète et l’époque présente », pp. 75-111.

6 Cf. Senghor, 1956 : 30.

7 « Poésie et connaissance », Tropiques, n° VII, janvier 1945, p. 164.

8 Dialogue sur la poésie francophone, IV, Lettre à trois poètes de l’Hexagone, p. 397 ; La Poésie de l’action, Conversation avec Mohamed Aziza, Paris

9 « Par-delà quelle nuit d’orage », D’autres chants, Éthiopiques, p. 147. Cf. P. Claudel, Cinq grandes Odes suivi d’un Processionnal pour saluer le

10 Evangelium secundum Iohannem, I, 1.

11 « Le Kaya-Magan », Éthiopiques, p. 105 ; « Mais chanteront-ils les Amants », Chants pour Signare, Nocturnes, p. 191, et « Élégie des Saudades »

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Baudrillard, Jean, Le Système des objets, Paris, Gallimard, 1968.

Claudel, Paul, Cinq grandes Odes suivi d’un Processionnal pour saluer le siècle nouveau et de La Cantate à trois voix, édition critique par J. Grosjean, Paris, Gallimard, 1957, Quatrième Ode, La Muse qui est la grâce, p. 80.

Claudel, Paul, La Ville (Deuxième version), Paris, Mercure de France, 1967.

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Leclair, Serge, Démasquer le réel, Paris, Seuil, 1971.

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2 « Mais ces routes de l’insomnie », Chants pour Signare, Nocturnes, p. 173.

3 Baudrillard (1968 : 23) : « Les objets n’épuisent pas leur sens dans leur matérialité et leur fonction pratique (…) ; les objets tendent à se constituer en un système cohérent de signes ».

4 Voir aussi R. Daumal, Le Contre-Ciel (Cahiers Jacques Doucet, Édition de l’Université de Paris, 1936) suivi de Les Dernières paroles du poète, édition critique par H.-J. Maxwell et Cl. Rugafiori, Paris, Gallimard, 1990, I. Clavicules d’un grand jeu poétique, 26, p. 45.

5 Voir surtout « L’Entretien sur des poèmes », pp. 62-63, et « Le Poète et l’époque présente », pp. 75-111.

6 Cf. Senghor, 1956 : 30.

7 « Poésie et connaissance », Tropiques, n° VII, janvier 1945, p. 164.

8 Dialogue sur la poésie francophone, IV, Lettre à trois poètes de l’Hexagone, p. 397 ; La Poésie de l’action, Conversation avec Mohamed Aziza, Paris, Éditions Stock, 1980, p. 25, et « Comme les lamantins vont boire à la source », Postface aux Éthiopiques, pp. 156 et 157 : « Le voilà maintenant, le poète, au bout de son effort, amant-amante, baveux, glaireux, reposant sur le flanc, non pas triste ah ! non, mais triomphant, léger, détendu et caressant son fils, le poème, comme Dieu à la fin du sixième jour ».

9 « Par-delà quelle nuit d’orage », D’autres chants, Éthiopiques, p. 147. Cf. P. Claudel, Cinq grandes Odes suivi d’un Processionnal pour saluer le siècle nouveau et de La Cantate à trois voix, édition citée, Quatrième Ode, La Muse qui est la grâce, p. 85 (« Dis seulement une parole humaine ! »), et La Cantate à trois voix, p. 135 :
« LÆTA : Dis seulement la rose !
BEATA: Quelle rose ?
LÆTA : Du monde entier en cette fleur éclose ! ».

10 Evangelium secundum Iohannem, I, 1.

11 « Le Kaya-Magan », Éthiopiques, p. 105 ; « Mais chanteront-ils les Amants », Chants pour Signare, Nocturnes, p. 191, et « Élégie des Saudades », Nocturnes, p. 206.

Alioune-B. Diané

Professeur
Université de Dakar

licence CC BY-NC 4.0